0 Shares 6821 Views

    Xavier Dolan, 30 ans, 10 ans de carrière, 8 films

    Lucile Bellan 15 octobre 2019
    6821 Vues

    La carrière du cinéaste canadien, trentenaire depuis peu, n’est pas impressionnante que sur le plan statistique. Adoubé par les grands festivals, acclamé par le public, Xavier Dolan est un pur prodige.

    Seuls Woody Allen, Manoel de Oliveira ou Michael Winterbottom nous avaient habitués à de tels rythmes. Xavier Dolan n’est connu chez nous que depuis 2009, année où est sorti J’ai tué ma mère, fabuleux premier film plein de rage, de drôlerie et de frustrations de moins en moins contenues. Depuis, le réalisateur canadien a aligné les films-événements, quasiment sans erreur, se construisant une filmographie hallucinante sans hésiter à sortir de sa zone de confort.

    Réalisateur, scénariste, directeur artistique, monteur, compositeur : il n’est pas rare que Dolan cumule toutes ces casquettes sur un même projet. Cela rend d’autant plus hallucinant son rythme de travail : chaque film lui a pris 14 mois en moyenne, ce qui est archi peu. Et si Ma vie avec John F. Donovan, son incursion américaine, a constitué pour lui une aventure frustrante et chronophage, le cinéaste n’a pas tardé à retomber sur ses pieds avec son nouveau film, Matthias & Maxime. Ou l’histoire d’une bande de potes dont deux membres se tournent autour sans réellement se l’avouer.

    Les Amours imaginaires, Laurence Anyways, Mommy, Tom à la ferme, Juste la fin du monde : chez Dolan, les films se suivent et ne se ressemblent pas, même si la patte de l’artiste est reconnaissable à chaque long métrage. Un style si impressionnant que lorsque des membres de son clan passent à la réalisation, comme Monia Chokri avec La Femme de mon frère, c’est de façon très dolanienne, avec cette colère, ce flot de paroles et ce fourmillement visuel reconnaissable entre mille.

    On ne sait pas où ira Xavier Dolan lors de la décennie à venir, mais ce qu’il y a de certain, c’est que le réalisateur canadien va continuer à créer des univers, à faire vivre des personnages bouleversants, à refuser les étiquettes et à assumer mille fonctions à la fois. On a hâte de passer les dix prochaines années avec lui. Et l’on souhaite ardemment qu’elles soient pour lui l’occasion de réaliser huit nouveaux films.

    En ce moment

    Articles liés

    Marc Tourneboeuf présente son spectacle “L’impatient” au Théâtre La Bruyère
    Agenda
    190 vues

    Marc Tourneboeuf présente son spectacle “L’impatient” au Théâtre La Bruyère

    Confronté aux écueils de la distraction constante, aux réseaux sociaux, à ses peurs, il travaille comme un acharné mais aimerait que les choses aillent plus vite. Et qu’arrive enfin “la réussite” ! “La réussite, c’est d’aller d’échec en échec...

    “Umbrales, Javier Silva Meinel. Une poétique de l’image” : la nouvelle exposition photographique de la Maison de l’Amérique latine
    Agenda
    172 vues

    “Umbrales, Javier Silva Meinel. Une poétique de l’image” : la nouvelle exposition photographique de la Maison de l’Amérique latine

    Jusqu’au 25 juillet 2026, la Maison de l’Amérique latine à Paris renoue avec la photographie, en dédiant une exposition à une figure majeure de cette discipline en Amérique latine : le Péruvien Javier Silva Meinel. Sous l’intitulé d’”Umbrales, Javier...

    “Where the Heavens Meet the Earth” : la première exposition personnelle de Spencer Chalk-Levy en France à la galerie Art Absolument
    Agenda
    188 vues

    “Where the Heavens Meet the Earth” : la première exposition personnelle de Spencer Chalk-Levy en France à la galerie Art Absolument

    Jusqu’au 10 juin, la galerie Art Absolument présente, pour la première fois en France, le travail de Spencer Chalk-Levy (né en 1986), offrant une plongée dans un théâtre visuel exubérant. Traversée par une ironie dénuée de pessimisme comme de...